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Accusé d’avoir été au coeur d’un réseau de prostitution mis en place par ses amis du nord, l’ancien favori des sondages de la présidentielle 2012, Dominique Strauss-Kahn, se retrouve ce lundi, à Lille, sur le banc des prévenus. ARCHIVES / AFP / KENZO TRIBOUILLARD http://www.midilibre.fr/2015/02/02/affaire-carlton-dsk-et-treize-autres-prevenus-attendus-a-l-ouverture-du-proces,1119217.php

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Nafissatou Diallo, restauratrice dans le Bronx

AFP Par Brigitte DUSSEAU | AFP – il y a 3 heures

La devanture du restaurant Amina de Nafissatou Diallo dans le Bronx à New York, le 2 février 2015

AFP/AFP – La devanture du restaurant Amina de Nafissatou Diallo dans le Bronx à New York, le 2 février 2015

https://fr.news.yahoo.com/nafissatou-diallo-restauratrice-bronx-072549737.html

Nafissatou Diallo a ouvert un restaurant à New York

http://tempsreel.nouvelobs.com/l-affaire-dsk/20150202.OBS1450/nafissatou-dialo-a-ouvert-un-restaurant-a-new-york.html

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DSK au centre du procès du Carlton

LE MONDE |   • Mis à jour le  | Par Pascale Robert-Diard (Lille, envoyée spéciale)

L'enseigne de l'hôtel Carlton de Lille.
L’enseigne de l’hôtel Carlton de Lille. | PHILIPPE HUGUEN / AFP

Ouvrir les 210 pages de l’ordonnance signée des juges d’instruction Stéphanie Ausbart et Mathieu Vignau, c’est d’abord entrer dans un téléfilm assez médiocre que l’on croirait droit sorti des années 1950. Une capitale régionale, Lille, ses rues pavées et sa poignée d’hôtels plus ou moins chics où des couples désaccordés se rejoignent entre « cinq et sept » pour des amours tarifées. Le patron accorde un tarif préférentiel, payé d’avance et en espèces, le réceptionniste ne pose pas de questions en donnant la clé, chacun apprécie que les accompagnatrices, prostituées professionnelles ou occasionnelles, aient le bon goût de se montrer discrètes sur leurs qualités et que leurs clients soient plutôt des gens comme il faut.

 

Lire notre décryptage : Cinq questions sur le procès de l’affaire du Carlton où va comparaître DSK

Regarder l’infographie animée : Comprendre l’affaire du Carlton en trois minutes

Le casting est parfait. Il y a parmi les clients un huissier de justice, un avocat, un assureur, quelques chefs ou cadres d’entreprise, un chirurgien dentiste ou un marchand de chaussures. Ainsi va la vie à Lille en ce début d’année 2011, quand des « renseignements » parviennent à la direction interrégionale de la police judiciaire concernant les activités d’un certain René Kojfer, officiellement chargé des relations publiques de deux hôtels lillois, le Carlton et les Tours, officieusement entremetteur proposant à des hommes « ayant de bonnes références » les services tarifés de jeunes femmes, avec la complicité du gérant et du propriétaire des hôtels.

Les premières surveillances téléphoniques sur la ligne de René Kojfer sont fructueuses et mènent à un homme connu des services pour des activités de proxénétisme en Belgique, propriétaire de plusieurs maisons closes le long de la frontière franco-belge, Dominique Alderweireld, dit Dodo la Saumure. Les conversations interceptées ne laissent pas de doute sur leur objet, trouver des filles – la seule précaution prise est d’évoquer des « dossiers » –, en recruter de nouvelles, d’autant que la demande est forte et variée et qu’il faut satisfaire le client en quête de nouveautés : « de la jeune Black cochonne », une « petite Asiatique » qu’on pourrait proposer en « bouquet garni » dans les chambres d’hôtel ou « du pays de l’Est, genre Ukrainienne » pour accompagner des séminaires d’entreprise. Dodo la Saumure part recruter en Espagne : « Je fais de la remonte de cheptel », confie-t-il à l’un de ses interlocuteurs qui se renseigne – « C’est bien ? – Euh non, d’la grosse mais que veux-tu ! » Les temps sont durs et René Kojfer se lamente – « On n’a rien en stock, j’en ai marre » –, d’autant que le chargé des relations publiques est aussi « essayeur gratis » pour son ami belge et renseigne les clients réguliers – « Si tu veux tirer, c’est magnifique ».

Dominique Strauss-Kahn en février 2013.

Dominique Strauss-Kahn en février 2013. | KENZO TRIBOUILLARD / AFP

 

Remerciements en « bouquets garnis »

L’enquête se complique quand les écoutes révèlent les liens étroits qui unissent Dodo la Saumure, René Kojfer et quelques clients à plusieurs fonctionnaires de police retraités ou en activité, dont Eric Vanlerberghe, ancien président de la Mutuelle du ministère de l’intérieur devenu détective privé, et Jean-Christophe Lagarde, commissaire divisionnaire chef de la sûreté départementale Nord. La plupart appartiennent à la même loge maçonnique, dînent régulièrement en compagnie de l’avocat Emmanuel Riglaire – frère de loge lui aussi, qui défend Dodo la Saumure – et acceptent les remerciements en « bouquets garnis ».

Le 15 mai 2011, une étrange conversation téléphonique interceptée entre Dodo la Saumure et René Kojfer suscite la curiosité des enquêteurs. La veille, Dominique Strauss-Kahn a été arrêté à l’aéroport John-F. Kennedy de New York, à la suite de la plainte d’une femme de chambre de l’hôtel Sofitel qui l’accuse de viol. « T’as vu, euh, Strauss-Kahn ? C’est pas étonnant, tu sais quand je lui avais ramené des filles… Là, il est foutu », philosophe le proxénète belge.

Il est question de plusieurs soirées « libertines » organisées à Paris, mais aussi à Vienne ou à Madrid, en présence de Dominique Strauss-Kahn, « le roi de la fête »

Mais ce n’est que quelques mois plus tard, en octobre 2011, que l’affaire du Carlton change réellement de dimension avec les interpellations et mises en examen du directeur d’une filiale du groupe de BTP Eiffage, David Roquet, du responsable d’une société de matériel médical, Fabrice Paszkowski et du commissaire Lagarde. Il est question de plusieurs soirées « libertines » organisées à Paris, dans des restaurants, des hôtels de luxe ou des appartements, mais aussi à Vienne ou à Madrid, en présence de Dominique Strauss-Kahn, « le roi de la fête » auquel étaient notamment « offertes » des jeunes femmes recrutées par Dodo la Saumure ou René Kojfer et rémunérées par les deux chefs d’entreprise. Apparaissent aussi trois voyages à Washington, en janvier et décembre 2010 et en mai 2011, organisés et financés par les mêmes en compagnie de femmes dont certaines sont des prostituées, destinées à des soirées « libertines » avec le patron du FMI.

DSK, « pivot central et principal bénéficiaire »

Son nom, ses besoins et pratiques sexuelles « hors norme », détaillées dans de (très) longs et (très) crûs extraits des dépositions des jeunes femmes – « abattage », « boucherie » disent-elles – occupent les deux tiers de l’ordonnance des juges qui voient en DSK « le pivot central et le principal bénéficiaire, parfois exclusif, des rencontres sexuelles », même s’il ne « payait pas ». Sa « position, sa notoriété, ses ambitions », estiment-ils, lui confèrent le rôle de « leadership » sur les organisateurs et les participants des rencontres autour « du sentiment d’un secret partagé avec un homme de pouvoir », espérant obtenir « en retour un avantage personnel ou professionnel de son accession attendue à la présidence de la République ».

Le 26 mars 2012, l’ancien patron du FMI était en conséquence mis en examen pour « proxénétisme aggravé commis en bande organisée », un crime passible de vingt ans de prison qui le renvoyait devant la cour d’assises. De ce dossier, le parquet a fait une lecture radicalement différente, en requérant trois mois plus tard un non-lieu pour DSK sur les faits de proxénétisme. Les juges sont passés outre, en abandonnant toutefois la qualification aggravante de « bande organisée » et en le renvoyant devant le tribunal correctionnel aux côtés de treize autres prévenus.

Dans leur ordonnance, ils accordent une importance toute particulière aux scènes de sodomie décrites pour fonder leur conviction que DSK ne pouvait ignorer, contrairement à ce qu’il soutient, qu’il avait affaire à des prostituées. Elles donnent lieu à ce propos étrange : « Indépendamment de tout jugement de valeur morale sur ce type de pratique sexuelle qui, lorsqu’elle est consentie librement, n’intéresse pas le droit pénal, force est de constater que ce type de pénétration sexuelle est même parfois refusé par des prostituées. Un tel comportement pouvait donc a fortiori nécessiter de recourir à des professionnelles rémunérées. » Ces considérations, qui laissent davantage percevoir la réprobation des juges à l’égard du comportement sexuel du célèbre prévenu que la solidité d’une argumentation pénale, constituent l’enjeu majeur du procès qui s’ouvre lundi 2 février devant le tribunal correctionnel de Lille.

Lire aussi : La « strauss-kahnie » florissante malgré la chute de son héros

Un commentaire, RSS

  • MDFDE

    dit le:
    3 février 2015 à 14 h 29 min

    Philippe Bilger : DSK est « plus proxénète que client ! »

    Le Point – Publié le 02/02/2015 à 17:18

    VIDÉO. Invité d’Audrey Crespo-Mara sur LCI, le magistrat honoraire donne son avis tranché sur le procès du Carlton de Lille et sur le rôle tenu par DSK.

    Le procès pour proxénétisme, où l’ex-directeur du FMI comparaît aux côtés de 13 autres prévenus, a commencé lundi à Lille. © AFP PHOTO / MARTIN BUREAU

    Propos recueillis par Audrey Crespo-Mara

    Audrey Crespo-Mara : DSK est aujourd’hui renvoyé devant le tribunal correctionnel de Lille pour « proxénétisme aggravé en réunion ». À votre avis, ressortira-t-il blanchi ?

    Philippe Bilger : Je ne sais pas. On se trouve face à une contradiction qui est très rare dans les procédures importantes : le parquet a requis un non-lieu et les juges d’instruction ont décidé de renvoyer pour « proxénétisme aggravé ». Donc, on aura une audience un peu étrange où le Ministère public ne soutiendra pas l’accusation, mais la relaxe, et de l’autre côté on aura des parties civiles qui viendront dire qu’il est coupable. Tout cela va donner des audiences passionnantes, très contradictoires, intenses sûrement…

    Est-ce le procès d’un proxénétisme mondain ? L’enjeu est de savoir s’il existait un réseau de prostitution organisé autour de DSK…

    Oui et ce qui est certain, c’est que la procédure engagée contre lui et d’autres n’est ni légère ni farfelue ! Il ne s’agit pas des bonnes copines invitées, comme le dit l’avocat Dupont-Moretti. Mais par ailleurs, on ne sait pas si le proxénétisme aggravé, reproché à Strauss-Kahn, est établi. Reste que c’est assez sérieux, car les deux éléments du proxénétisme lui sont reprochés : d’une part d’avoir aidé au proxénétisme, de l’avoir organisé, de l’avoir facilité, et d’autre part (et cela est plus discutable), d’en avoir bénéficié puisque les prostituées – à supposer qu’il l’ait su – lui ont offert leurs services gratuitement, donc implicitement il a eu un gain.

    Compte tenu de ce que vous connaissez du dossier, DSK est-il un client ou un proxénète ?

    REGARDEZ – La réponse de Philippe Bilger :

    DSK est-il, selon vous, libertin ou proxénète ? Les parties civiles soutiennent que les scènes étaient tellement hard, violentes, des scènes « d’abattage », que DSK ne pouvait ignorer que ces femmes étaient des professionnelles…

    On se demande si on est dans le domaine du libertinage avec ce pluralisme organisé, ces ébats qui semblent tout de même caractérisés… Avec la mise à disposition par Dominique Strauss-Kahn d’un appartement, ce qui constitue un des éléments du premier terme du proxénétisme. Donc, pour le moins, il y a un doute sérieux. Est-ce qu’il loue l’appartement en sachant que des prostituées vont y venir pour le faire bénéficier gratuitement de leurs charmes ?

    Mais, l’une des femmes témoigne : « On avait pour ordre de ne pas lui dire qu’on était des prostituées ! »

    Bien sûr, mais j’ai du mal à considérer que lorsqu’il y a une sorte de massification du sexe tarifé, on peut dire que c’est du libertinage. Mais, peut-être que c’est le réactionnaire amoureux qui parle !

    Me Dupont-Moretti a déclaré : « Je pense qu’on veut se faire DSK ! Pour comprendre cette instruction, il faut quitter le domaine du droit ! »

    Je ne crois pas, je ne crois pas… Je n’irai pas jusqu’à soutenir que par exemple le point de vue du parquet général qui requiert le non-lieu est uniquement fondé sur le droit, il y a parfois des opportunités politiques non méprisables. Mais, il me semble qu’au contraire on va avoir droit à une contradiction bienfaisante, pour une fois, un débat franc authentique !

    Pour près de huit Français sur dix, DSK serait meilleur président que François Hollande (sondage Odoxa pour Le Parisien – Aujourd’hui en France). Donc, si l’on suit ce sondage, tout le monde est perdant dans l’histoire, Strauss-Kahn et les Français…

    Oui, c’est très intéressant de voir le point de vue des Français ! Ils le jugent immoral, mais ils pensent qu’il aurait été un meilleur président que François Hollande qui doit être plus humilié par cela que par le fait que Manuel Valls le déborde dans les sondages. Mais, ce que les Français oublient un peu, c’est que l’immoralité d’un être n’est pas sans incidence sur la pratique politique – c’est mon point de vue.

    Vous avez rencontré DSK et vous avez écrit sur sa personnalité complexe. DSK a une dimension romanesque et tragique. C’est un vrai personnage de roman…

    Oui, j’ai été frappé lorsque je l’ai rencontré lors d’un dîner et ensuite en examinant bien, en tant qu’avocat général passionné par la psychologie, ses ressorts fondamentaux. Il y a l’homme officiel, l’homme de devoir, de compétence, l’homme sérieux, l’homme qui cherche à faire croire qu’il maîtrise toutes les responsabilités. Et derrière, de manière complètement déconnectée du premier, l’homme de plaisir, victime de son appétence des plaisirs. Et c’est fascinant de le voir… Quand il était au FMI, il savait à la fois être le meilleur dans la conférence et, en même temps, organiser à la perfection la bureaucratie de ses plaisirs, dans l’heure qui suivait.

    http://www.lepoint.fr/societe/philippe-bilger-dsk-est-plus-proxenete-que-client-02-02-2015-1901735_23.php

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