Des salariés d’ArcelorMittal manifestent à Florange le 29 mai 2013 (Photo Jean-Christophe Verhaegen. AFP)
Par AFP Libération
Quelque 500 salariés et représentants syndicaux d’ArcelorMittal ont manifesté mercredi devant les bureaux de l’usine de Florange (Moselle).
Ils se sont réunis alors que se tenait la troisième réunion de négociations sociales devant décider du sort de 629 salariés de l’ancienne usine «à chaud» (hauts fourneaux) de Florange.
«Nous sommes ici pour faire passer un message à la direction: jamais, jamais, jamais, on ne laissera brader votre avenir», a martelé le leader local CFDT Édouard Martin devant plusieurs centaines d’ouvriers de l’ancienne usine à chaud avant d’entrer dans la salle de réunion.
«Après ce que nous avons vécu pendant 23 mois et la suppression de 790 emplois avec la fermeture de la filière liquide, la direction a le culot et l’audace de faire des propositions qui sont tout simplement inacceptables. Nous sommes là pour dire +Non, vous devez revoir votre copie+», a-t-il ajouté.
Depuis l’ouverture de ces négociations, le 30 avril, les syndicats accusent la direction d’ArcelorMittal Atlantique Lorraine (Amal) de vouloir boucler ce volet social au plus vite et a minima.
Ils critiquent notamment des propositions de primes de départ à la retraite insuffisantes, l’absence de prime en cas de mobilité interne ou de mutation sur un autre site du groupe, et une compensation en cas de perte de salaire limitée à 6 mois.
«Les propositions de la direction sont simplement indécentes pour des salariés qui ont perdu leur boulot, qui vont perdre de l’argent et du pouvoir d’achat dans un reclassement ou ceux qui, à 50 ans, vont être obligés de se reformer à un autre métier», a souligné le représentant CGT Lionel Buriello.
Depuis une semaine, la pression entre syndicats et direction est remontée à Florange, avec des blocages d’usine.
ArcelorMittal, the world’s largest steel producer whose chairman and CEO is London-based Indian tycoon Lakshmi Mittal (pictured), pays hardly any taxes in Europe. Making the most of the tax-break competition between European Union countries, the group juggles transfer pricing and optimal fiscal gains for its financial flow. But behind what may appear to be a common sense business approach that makes the most of what’s on offer lies a secretive organisation that prevents any proper scrutiny of the real economic performance of ArcelorMittal’s plants or subsidiary companies. In this first of a two-part investigation, Martine Orange traces the steel giant’s history and lifts the veil on its hidden practices.
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Á Jacques Minet et Edouard Martin de la CFDT-Florange, à tous les salariés, élus locaux et dirigeants du site de Florange, à Arnaud Montebourg, Ministre du Redressement Productif,
Au lendemain de cette fin hélas, inévitable, pour les hauts-fourneaux d’ArcelorMittal de Florange, sachez que votre long et courageux combat dans ce complexe dossier a été et continuera à être attentivement suivi, admiré, que ce soit par mon cher ami Philippe Coupérie Eiffel, l’arrière-arrière petit-fils de Gustave Eiffel, qui m’a chargée de tous vous saluer, jusqu’à nos membres et amis internautes dans le monde entier.
Que ce triste chapitre dans l’Histoire de l’Acier Lorrain à jamais forgé dans le fer de notre iconique Tour Eiffel fêtant son 125ème anniversaire l’année prochaine ; ou encore dans l’ossature de notre symbolique Statue de la Liberté à New York, fermée depuis l’ouragan Sandy fin octobre et qui rouvrira le 4 juillet, marque avec l’adoption du Projet LIS (Low Impact Steel) - un programme de recherche franco-français “exigeant de Mittal des garanties pour que les applications industrielles soient installées (sans tarder, s’il vous plaît, Mr. Mittal), non pas à Dunkerque, mais à Florange” – le début d’une ère pionnière, prospère, pour la métallurgie, pour la sidérurgie. Non, l’acier lorrain n’a pas fini de couler en Terre de France et… de s’exporter. Courage à vous tous et mille mercis pour continuer, jour après jour, à nous inspirer ! Dans l’attente du plaisir de se rencontrer.
Sincères amitiés franco-américaines,
Elisabeth Jenssen
Le projet LIS ancre la recherche d’ArcelorMittal en Lorraine
Le comité de Suivi sur Florange a présenté lundi 22 avril un programme de recherche sur la fabrication d’acier à faible impact plus ambitieux que ne le prévoyaient les accords passés entre l’Etat et ArcelorMittal en janvier. LIS (Low impact Steelmaking) mobilisera 32 millions d’euros, essentiellement en Lorraine. Rien ne garantit en revanche que les applications industrielles s’effectueront à Florange.
“Nous allons enfin pouvoir parler de Florange en termes positifs. Avec un investissement public-privé de 32 millions d’euros, le projet LIS dépasse largement les accords initiaux et permettront de recentrer la recherche sur la réduction du CO2 en Lorraine“, a annoncé François Marzorati, président du comité de suivi des engagements entre ArcelorMittal et l’Etat, à l’issue d’une réunion de travail à la cité administrative de Metz, lundi 22 avril.
Le financement du programme se répartira entre 13 millions d’euros apportés par la recherche-développement d’ArcelorMittal, 15 millions d’euros provenant de l’Ademe et 4 millions d’euros partagés entre les différents acteurs privés du projet. “Doublement innovant, le projet LIS vise à créer des modules technologiques permettant soit de diminuer le CO2 émis, soit de le valoriser. La recherche sera portée à 60 % par les laboratoires lorrains. Nous nous donnons six ans pour évaluer ses résultats. Il est trop tôt pour dire si ses applications pourront permettre de redémarrer un haut-fourneau à Florange“, explique Henri-Pierre Orsoni, directeur des zones Atlantique et Lorraine d’ArcelorMittal.
“On ne s’est pas battus pour Dunkerque”
LIS enterre définitivement Ulcos, qui prévoyait le captage et l’enfouissement du CO2, mais ouvre des perspectives inédites de valorisation du gaz soit en l’injectant dans des minerais, soit en utilisant des micro-organismes pour en extraire des substances chimiques. Le projet consacre le centre de recherches d’ArcelorMittal à Maizières-les-Metz comme pôle d’excellence de la fabrication d’acier propre et valorise la toute jeune université de Lorraine.
Ses applications pourraient s’appliquer non seulement à la sidérurgie, mais aussi à l’ensemble des industries productrices de CO2. Mais les pilotes expérimentaux pourraient bien être testés sur les sites d’ArcelorMittal à Dunkerque (Nord), faute de haut fourneau en activité en Lorraine.
“Nous ne nous sommes pas battus pour que ça se fasse ailleurs“, lance un sidérurgiste CFDT, désormais seul syndicat à participer aux négociations. “32 millions d’euros viennent de tomber dans l’escarcelle lorraine, et nous le devons à notre mobilisation. Mais nous ne croyons pas à un délai de six ans. Nous demandons l’assurance que la recherche trouvera son application à Florange et nous espérons revoir couler de la fonte dans la vallée de la Fensch“, complète Edouard Martin, leader CFDT d’ArcelorMittal.
Lakshmi Mittal, le propriétaire d’ArcelorMittal, regrette, dit-il, de s’être résolu à fermer les hauts-fourneaux de Florange. Avec un tel remords, on se dit qu’Arnaud Montebourg a eu raison de plaider en faveur de la nationalisation temporaire. S’il n’a pas été soutenu par François Hollande, au moins Édouard Martin, voue-t-il “sa gratitude” au ministre du Redressement productif. Le syndicaliste l’écrit dans son livre publié récemment. Pour un homme de gauche comme Montebourg, cela doit mettre un peu de baume au coeur qu’un ouvrier le félicite. On se dit qu’au PS et notamment au gouvernement, peu de ministres pourraient se vanter d’un tel soutien.
Certes à l’Élysée, on préférera sans doute les félicitations des experts sortis des grandes écoles, qui perdurent habilement sous tous les gouvernements, même si ces spécialistes ès crises n’ont pas de meilleures solutions que M. Mittal. Au moins ont-ils des bagages qui sont à peu près les mêmes que ces hommes politiques professionnels qui ne croient qu’à leur pérennité. Ils sont d’ailleurs tous pour l’économie de marché et la concurrence. Mais contrairement à Édouard Martin, qui la vit et la subit comme ses collègues à leurs risques et périls – chez ces gens-là, on ne peut jamais être sûr du lendemain -, nos experts qui distribuent les bons points et influencent nos politiques économiques, quand ils ne les décident pas eux-mêmes, pérorent et jugent bien à l’abri.
Tout ça pour dire que, pour un ministre d’un gouvernement de gauche, quand le hérault de Florange affirme que Montebourg, “c’est le seul qui a fait le job”, cela vaut mille fois plus que tout esprit éclairé du cercle de la raison.
“Un véritable homme d’État animé par l’intérêt général et le patriotisme”
J’entends d’ici le vieux complexe de tout bon social-démocrate : c’est de l’ouvriérisme ! Comme chacun sait, l’énarchisme, c’est mieux : la preuve ? Tout va bien.
Si pour la gauche du gouvernement et son président, l’avis d’un syndicaliste ouvrier sur Arnaud Montebourg compte pour du beurre, peut-être le chef d’État libyen Mohamed Youssef el-Megaryef qui l’a rencontré en tête-à-tête en novembre 2012 peut-il les convaincre que Montebourg est une personnalité qui compte, et pas seulement parce qu’il a rassemblé 17 % des électeurs lors de la primaire socialiste.
En Libye, Montebourg est allé lui-même défendre le dossier Petroplus. Le président libyen avait salué en lui “un véritable homme d’État animé par l’intérêt général et le patriotisme”. Il a vu face à lui un homme de conviction acharné à défendre la possibilité d’un avenir pour les salariés de la raffinerie pétrolière. “C’est l’homme politique qui m’a le plus marqué par sa présence, son attention et sa personnalité…”, avait confié le chef d’État libyen à l’issue de cette rencontre.
On ne peut pas croire que notre président de la République française pense autre chose de son valeureux ministre.
ArcelorMittal ne fermera pas d’usines en Europe dans les prochains mois. Cet engagement a été pris par le géant de la sidérurgie mardi 19 février. Ce jour là, le patron d’ArcelorMittal, Lakshmi Mittal a rencontré le vice-président de la Commission européenne chargé de l’Industrie, Antonio Tajani. L’entreprise a d’ailleurs plusieurs autres engagements concernant son activité en Europe.
Avec notre correspondant à Bruxelles,Grégoire Lory
La Commission européenne considère comme un succès, l’engagement d’ArcelorMittal, de ne mener aucune restructuration d’ici l’approbation d’un plan européen de l’acier, prévu pour le mois de juin.
En effet, il y a une semaine encore, le géant du secteur rejetait l’idée même de revoir son calendrier. De plus, l’institution souligne que l’entreprise a pris d’autres assurances.
Antonio Tajani, le vice-président de la Commission européenne chargé de l’Industrie a annoncé : « Les sites Florange et Liège ne seront pas fermés. Il y aura une réduction des capacités, qui sera toutefois accompagnée d’un plan d’investissement de 180 millions d’euros pour Florange, et à peu près 140 millions d’euros pour Liège. Les deux sites deviendront hautement spécialisés dans des produits de haut de gamme, pour des secteurs tels que l’automobile ou l’emballage ». (Lire ici sa déclaration sur le site de la Commission européenne).
Un pas dans la bonne direction ?
Toutefois, la Commission n’est pas en mesure de dire si ArcelorMittal maintiendra ses activités sur l’ensemble de ses sites, une fois le plan européen adopté. Mais le commissaire considère tout de même cette annonce comme un pas dans la bonne direction. Il appelle maintenant les gouvernements, les syndicats et les industriels, à faire des efforts pour trouver une solution dans l’intérêt de chacun.
Arnaud Montebourg met la pression sur ArcelorMittal
Le Point.fr- Publié le
Le ministre du Redressement productif menace l’entreprise de droits de douanes sur les importations d’acier pour empêcher la fermeture de sites en Europe.
Afin d’empêcher la fermeture de sites en Europe, Arnaud Montebourg a recours à la menace de droits de douanes sur les importations d’acier d’ArcelorMittal. Le ministre du Redressement productif et le ministre de l’Économie de la Région wallonne, Jean-Claude Marcourt, ont réagi au rejet par le géant de l’acier de la demande européenne de surseoir à la restructuration de ses aciéries dans une interview publiée mercredi par Le Soir de Belgique et Le Monde. Le commissaire européen à l’Industrie, Antonio Tajani, a demandé au P-DG du groupe, Lakshmi Mittal, d’attendre la présentation en juin d’un plan destiné à relancer la sidérurgie avant d’aller de l’avant. ArcelorMittal a répondu mardi qu’il lui était “impossible” de retarder le processus en raison de la baisse de la demande d’acier résultant de la faiblesse de l’économie.
Arnaud Montebourg s’est félicité de l’initiative européenne. “Pour les soldats de l’emploi que nous sommes, Jean-Claude (Marcourt) et moi, recevoir un appui aérien de l’aviation européenne est appréciable”, explique-t-il. “La politique industrielle a toujours été un tabou dans l’Union européenne et voilà qu’elle est en train de naître.” “Mais, tous les jours, cette entreprise privée (ArcelorMittal, NDLR) cause du tort et du préjudice aux États et à leurs populations, utilise, quand elle sait le demander, l’argent public et n’a aucune conscience de ses responsabilités”, ajoute-t-il. Il accuse le sidérurgiste d’investir massivement en Inde pour fabriquer de l’acier bon marché grâce aux coûts du travail plus bas dans ce pays tout en fermant des usines en Europe.
“Riposte stratégique”
Le ministre du Redressement productif estime que le groupe devrait “bien mesurer” l’impact de son refus de reporter les fermetures d’usines, comme les hauts-fourneaux de Florange, en Moselle, ou des outils de production à Liège. “L’imposition de droits de douane sur l’acier qui casse les prix est la riposte stratégique aux menées de groupes qui ne respectent pas le berceau de l’acier qu’est l’Union”, dit-il. Le front commun que commencent à constituer les gouvernements français, belge et luxembourgeois, associés à la Commission européenne, “est une donnée nouvelle dont il va devoir tenir compte. C’est la première fois”.
Arnaud Montebourg, qui avait été désavoué par Jean-Marc Ayrault sur la nationalisation temporaire de Florange, maintient que cet instrument n’est pas abandonné. “La nationalisation n’est pas taboue, elle est très pratiquée dans le monde”, explique-t-il. “Mais c’est un choix stratégique que la France a écarté même si – je le dis avec l’autorisation du président de la République – la nationalisation temporaire reste sur la table, si ArcelorMittal ne tient pas ses engagements.”
La Belgique, ajoute-t-il dans une pique au Premier ministre, pourrait montrer l’exemple, puisqu’elle envisage une forme de nationalisation temporaire du site de Liège d’ArcelorMittal. “Je souhaite à Jean-Claude Marcourt, qui est un ministre socialiste de l’Industrie, de réussir à convaincre son Premier ministre, qui est un socialiste dans un gouvernement de coalition, là où j’ai échoué. J’ai cru comprendre qu’il aurait plus de chances que moi”, explique-t-il.
Bruxelles demande à ArcelorMittal de suspendre les fermetures de sites
Le Monde.fr avec AFP| • Mis à jour le
“Je suis désolé, ArcelorMittal profite des subsides publics en toutes circonstances, comme beaucoup des activités industrielles de l’acier, il est donc normal qu’un droit de regard s’exerce sur ces activités”, a déploré Arnaud Montebourg – ici, le 1er février au Creusot. | AFP/JEFF PACHOUD
Le commissaire européen à l’industrie, Antonio Tajani, a indiqué mardi 12 février avoir demandé à ArcelorMittal de reporter sa décision de fermer des sites en Europe, en attendant la présentation d’ici l’été d’un plan d’action européen pour l’acier – missive à laquelle le groupe a répondu par une fin de non-recevoir.
Cette initiative a été saluée par le ministre du redressement productif, Arnaud Montebourg, qui participait à la réunion aux côtés de représentants de l’industrie de l’acier, des syndicats, du Parlement européen et d’autres ministres européens, notamment le Luxembourgeois Etienne Schneider, et le ministre de l’économie de Wallonie (sud de la Belgique), Jean-Claude Marcourt.
Selon M. Montebourg, “ArcelorMittal a protesté en indiquant que ce n’était pas de l’ordre de la Commission européenne, ni des Etats membres d’intervenir ou d’interférer dans la libre entreprise”.“Je suis désolé, ArcelorMittal profite des subsides publics en toutes circonstances, comme beaucoup des activités industrielles de l’acier, il est donc normal qu’un droit de regard s’exerce sur ces activités”, a déploré le ministre.
“DANS CHAQUE SECTEUR, ON A BESOIN D’ACIER”
Les ministres français, luxembourgeois et wallon, dont les pays sont parmi les plus durement touchés par les fermetures de sites d’ArcelorMittal, avaient écrit à M. Tajani au lendemain de l’annonce par le géant de l’acier de la fermeture d’une partie de ses activités “à froid” à Liège (Belgique), qui devrait entraîner la perte de 1 300 emplois, alors que la “phase à chaud” est déjà fermée depuis 2011.
Dans leur lettre, ils demandaient à M. Tajani d’inviter Lakshmi Mittal à venir s’expliquer à Bruxelles. Mais celui-ci n’était pas présent mardi à la table ronde organisée par la Commission européenne pour préparer le plan acier de M. Tajani. Le commissaire européen a souligné que l’acier était “un secteur crucial pour la croissance de l’Europe”, car “dans chaque secteur, on a besoin d’acier”. Il a rappelé également que le but de la Commission européenne était de faire en sorte que 20 % du PIB de l’Union européenne soit assuré par l’industrie en 2020, “avec une place très importante pour l’acier”.
Le groupe a expliqué, dans un communiqué publié après la réunion, qu’il lui était “impossible de retarder le déroulement de la phase d’information-consultation relative aux plans de restructuration présentés”. “La situation économique en Europe est extrêmement fragile et cela a eu pour effet de considérablement diminuer la demande d’acier. Ne pas prendre de mesure pour répondre à cette situation ne ferait qu’affaiblir l’entreprise en Europe, menaçant ainsi la rentabilité d’autres sites”, poursuit le groupe, disant devoir“gérer l’entreprise dans l’intérêt des 98 000 personnes” qu’il emploie en Europe.
Le numéro un mondial de la sidérurgie ArcelorMittal a démenti vouloir céder le contrôle de sa filiale d’Annaba à l’Etat algérien, ajoutant qu’il réitérait “son engagement à rester en Algérie”. ArcelorMittal et le ministère algérien de l’industrie se sont réunis pour discuter de la stratégie visant à augmenter la production d’acier à Annaba.
Dimanche, l’ancien secrétaire général du syndicat d’entreprise Smaïn Kouadria avait déclaré que “l’Etat via le groupe public Sider va prendre prochainement le contrôle de la majorité du capital du complexe sidérurgique” d’ArcelorMittal d’El Hadjar, près d’Annaba. La presse algérienne avait même fait état de “nationalisation” du complexe sidérurgique.
De son côté, le quotidien francophone El Watan avait indiqué que le montant de la transaction devrait s’élever à quelque 200 millions de dollars ajoutant que le groupe public Sider qui détient déjà 30 % d’ArcelorMittal Annaba verrait sa part passer à 51 %. Le complexe sidérurgique d’El Hadjar est détenu actuellement à 70 % par ArcelorMittal et à 30 % par Sider.
En janvier 2012, l’ancien Premier ministre algérien Ahmed Ouyahia avait promis que l’Etat allait intervenir pour empêcher une éventuelle fermeture du complexe sidérurgique d’El-Hadjar, alors confronté à une crise de trésorerie. ArcelorMittal a par la suite conclu un accord avec une banque publique algérienne portant sur une ligne de crédit de 140 millions d’euros destinés à financer un plan de développement qui devait lui permettre d’augmenter ses capacités de production.
Mardi, 12 Février 2013 15:47 | Écrit par Solenne Treins |
Arnaud Montebourg a soutenu la décision d’EDF de fermer deux tranches de sa centrale thermique du Havre pour des raisons environnementales. Il a tenu à préciser que l’énergéticien allait implanter deux nouvelles usines au Havre, pour une création totale de 800 emplois.
En réaction à la fermeture par EDF de deux tranches de la centrale thermique du Havre, la député de Seine-Maritime, Catherine Troallic, a écrit une question à l’Assemblée, à destination d’Arnaud Montebourg, afin de connaitre la position du ministre et l’avenir industriel de son département.
Le ministre du Redressement productif est revenu sur la fermeture des deux tranches, imposée par les nouvelles normes environnementales européennes. Il a expliqué que l’exploitant, EDF, avait préparé cette fermeture afin de limiter les dégâts sociaux et les pertes d’emplois.
« Sur les 180 personnes concernées par les fermetures de tranches du Havre, une centaine de salariés partirait à la retraite dans les années qui viennent et sur les 80 personnes restantes, 60% d’entre elles auraient déjà choisi de poursuivre une reconversion dans les centrales thermiques et nucléaires », a-t-il précisé à Catherine Troallic.
S’il a également rappelé que, « implantée au Havre depuis 1963, la centrale thermique est un acteur économique important et reconnu », il a surtout voulu se tourner vers l’avenir en annonçant la volonté d’EDF, en partenariat avec Alstom, d’implanter deux nouvelle usines sur le bassin havrais.
Airbus a accueilli, vendredi à Toulouse, la signature de la troisième édition d’Aerofund, un fonds créé pour aider les PME et ETI de la fililère aéronautique à financer leur développement. Le ministre du redressement productif a annoncé un plan pour la mobilité entre filière aéronautique et automobile.
Avec son sens habituel de la formule, le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg a conclu la signature du protocole d’accord de l’Aerofund 3, troisième édition d’un fonds d’investissement pour aider les sous-traitants de l’aéronautique à financer leur croissance, par un appel « à l’anti-dépresseur qu’est l’aéronautique », lors d’une visite de l’usine d’assemblage de l’A380 à Blagnac (Haute-Garonne), vendredi.
Parlant « d’un travail de dentelière, bassin d’emploi par bassin d’emploi», il souhaite « croiser les filières » et « faire passer les emplois perdus dans l’automobile vers des emplois vers l’aéronautique ». «Les grands donneurs d’ordre de l’aéronautique ont besoin tout de suite d’embaucher 500 personnes. Si on y ajoute les sous-traitants, cela doit faire encore plus», a-t-il déclaré. Le ministère du Redressement productif s’associera à celui de l’enseignement supérieur et de la recherche pour créer les « passerelles ». Dans l’entourage du ministre, on estime que les synergies sont possibles, compte-tenu de compétences communes en matière de matériaux composites et de pilotage de ligne de production, par exemple.
Aider les entreprises de l’aéronautique à recruter est un des volets d’une stratégie de structuration d’une filière fragilisée par les difficultés de trésorerie des sous-traitants. Le fonds d’investissement Aerofund en est un autre. Avec Aerofund 1 et 2, près de 105 millions d’euros ont été injectés dans la filière permettant l’accompagnement de 22 entreprises pour un chiffre d’affaires total de 1,6 milliard d’euros et près de 15 000 emplois. « C’est un soutien essentiel pour sécuriser la chaîne de production dans une période de croissance et d’augmentation des cadences», a insisté Jean-Paul Herteman, PDG de Safran et président du Groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales (Gifas).
La filière a d’ailleurs décidé d’augmenter la mise. Le premier Aerofund avait été doté de 36 millions d’euros, le second de 90 millions d’euros. Géré comme les deux précédents par ACE Management et par l’institut régional de développement industriel de Midi-Pyrénées (Irdi), le dernier est doté de 150 millions d’euros avec l’objectif d’atteindre à terme le double. Airbus y contribue à hauteur de 40 millions d’euros, la Caisse des dépôts et de consignations Entreprises à hauteur de 60 millions d’euros et le groupe Safran à hauteur de 30 millions. EADS et Eurocopter complètent le tour de table avec une participation financière chacun de 10 millions d’euros. Aerofund 3 a un mandat élargi : outre le soutien à l’innovation, il doit aider les entreprises françaises à faire de la croissance externe ailleurs en Europe.
La nécessité de visibilité est un autre volet sur lequel Arnaud Montebourg a insisté pour aider les PME à croître. « Les donneurs d’ordre ont des carnets de commande de plus de quatre ans. Leurs sous-traitants doivent en profiter », a-t-il déclaré. Il a été entendu puisque le Gifas a déjà prolongé la garantie de paiement de 3 à 6 mois.
Quand “Le Nouvel Obs” découvrait Arnaud Montebourg !
Le Point.fr- Publié le - Modifié le
En 1988, le journal consacrait un portrait au jeune homme qui venait de gagner un concours de lecteurs. Il était paré de toutes les vertus. Les a-t-il conservées ?
Le Point.fr
Comment étaient-ils quand ils étaient jeunes ? Cette question rituelle éclaire parfois d’un jour nouveau des personnalités que l’on (croit) connaître. Surtout quand il s’agit d’hommes ou de femmes politiques. En 1988, alors qu’il est âgé de 26 ans, Arnaud Montebourg a droit aux honneurs du Nouvel Observateur. Il vient de remporter un concours lancé par le magazine pour distinguer le plus “Obs” de ses lecteurs. Aux yeux de l’hebdomadaire, le jeune homme à tout pour plaire : son grand-père, Algérien d’origine, est venu s’installer en France, dans la Nièvre en 1962. “Dans la circonscription de François Mitterrand”, précise le petit-fils. Dans sa bibliothèque, Stendhal voisine avec Jean Daniel ! Il a conservé pieusement trois numéros de 1967 de L’Obs, a fait ses études de droit en province avant de monter à Paris. Bref, l’image d’Épinal du jeune bobo exemplaire qui mérite une récompense… En l’occurrence, un chèque de 300 000 francs, soit presque 45 000 euros.
L’emphase ne manque pas pour énoncer toutes les qualités que l’on prête à celui qui est (déjà) l’espace d’un article le symbole de la gauche rayonnante et montante. Moins de dix ans plus tard, Montebourg épousait le 31 mai 1997, la veille du second tour des élections législatives qui le virent devenir député, en l’abbaye cistercienne de Valmagne, Hortense de Labriffe, née en 1968, dont le père est le comte Antoine de Labriffe et la mère Anne de Lacretelle. Celle-ci fut collaboratrice d’Édouard Balladur et de Philippe Douste-Blazy. Nul doute qu’au Nouvel Obs quelques dents ont dû grincer…
Mais, aujourd’hui, tout le monde est rassuré, le ministre du Redressement productif est le héraut de la gauche. Pourvu que ça dure…
Des salariés d’ArcelorMittal en Belgique face à la police, le 25 janvier 2013 (Photo Bruno Fahy. AFP)
La Belgique va activement chercher un repreneur aux activités de transformation d’acier que le groupe sidérurgique ArcelorMittal a prévu de fermer dans la région de Liège (sud), affectant 1.300 personnes, a déclaré vendredi le Premier ministre belge Elio Di Rupo.
Le gouvernement n’a pas annoncé la nationalisation de ces activités que réclamaient plusieurs centaines de salariés d’ArcelorMittal qui ont manifesté dans le centre de Bruxelles.
Des heurts les ont brièvement opposés aux forces de l’ordre qui bloquaient le bâtiment où étaient réunis les gouvernements fédéral et régional de Wallonie, ainsi que des représentants des syndicats, au lendemain de l’annonce du groupe indien.
“Nous n’acceptons pas la fermeture et la décision d’ArcelorMittal et nous sommes tous aux côtés des travailleurs à la recherche d’un plan industriel pour sauver leur emploi”, a déclaré à la presse M. Di Rupo, qui avait annulé jeudi un voyage prévu au Chili.
La priorité (…) est de permettre la reprise des installations d’ArcelorMittal par un repreneur industriel”, a-t-il ajouté à l’issue de la réunion.
Dénonçant “un cataclysme social pour la région liégeoise”, un responsable du syndicat chrétien CSC, David Camerini, a jugé indispensable la création d’un“front commun politico-syndical” pour assurer la survie du site.
“Il n’y a pas d’alternative. Avec ArcelorMittal, on est mort (…) Il a licencié 70.000 personnes en Europe ces dernières années”, a-t-il ajouté.
“Il faut que les autorités exproprient Mittal. Il ne veut pas, on s’en fout. Il faut se réapproprier l’outil”, avait déclaré avant la réunion Egedio di Pansilo, responsable du syndicat FGTB (socialiste).
“Nous avons été partiellement entendus, on n’exclut pas totalement un portage public pendant un certain temps”, a-t-il estimé après la rencontre.
Le gouvernement entend également saisir la Commission européenne, notamment pour étudier les moyens de “mieux contrôler les importations des pays hors UE qui ne respectent pas les règles”.
Depuis jeudi, les derniers sites encore ouverts du numéro un mondial de l’acier à Liège sont en grève. La suite du mouvement sera décidée lundi au cours d’assemblées générales.
Avant la réunion gouvernementale, le président de la région de Wallonie, Rudy Demotte (PS), a qualifié le groupe indien de “margoulin” et de “bas spéculateur”.
Cette restructuration est un nouveau coup dur pour l’économie belge après l’annonce il y a quelques mois de la fermeture en 2014 de l’usine Ford de Genk, en Flandre, où 10.000 emplois directs et indirects vont être supprimés.
Le ministre français du Redressement productif s’est attaqué jeudi soir à ArcelorMittal qui avait confirmé plusieurs fermetures de sites en Belgique.
Invité de l’émission politique «Des paroles et des actes» sur «France 2», Arnaud Montebourg n’a pas mâché ses mots face au PDG d’ArcelorMittal. (photo: AFP)
«Je dois vous dire que lorsqu’il (NDLR: le PDG d’ArcelorMittal, Lakshmi Mittal) pratique le chantage, le mensonge… et d’ailleurs c’est ce qui se passe en Belgique puisqu’il a annoncé ce soir qu’il ne tiendrait pas finalement ses engagements», a assuré Arnaud Montebourg, à propos de M. Mittal, lors de l’émission «Des Paroles et des actes». «Donc vous voyez bien qu’il y a un problème méthodologique» de la part de M. Mittal, a-t-il ajouté, en référence au dossier du site sidérurgique lorrain de Florange, qu’ArcelorMittal veut fermer pour partie.
ArcelorMittal a confirmé jeudi la fermeture définitive de six installations de transformation et finition de l’acier («phase à froid») dans la région de Liège (est de la Belgique), qui affectera 1 300 personnes en raison de la «détérioration du marché européen». Au moment où le sidérurgiste avait fait part de sa volonté de fermer les hauts-fourneaux de Florange, avant qu’un accord ne soit trouvé avec le gouvernement français, le ministre est allé jusqu’à déclarer qu’il «ne veut plus de Mittal en France», avant de nuancer son propos.
Respect des engagements pris pour le site de Florange
«Ce sont des propos qui ont été corrigés, nuancés, mais ce sont des propos que tout le monde a eu le mérite de comprendre, donc ils étaient peut-être nécessaires», a dit M. Montebourg sur France 2. En revanche, il a affirmé qu’il fallait que la Commission européenne se penche sur le dossier. «Nous sommes convenus de porter ce dossier au plan européen (…) Nous avons pris des dispositions pour, qu’avec les organisations syndicales européennes, l’ensemble des gouvernement concernés par ce dossier vienne sur la table de la Commission européenne».
Sur le dossier Florange, il a répété qu’un accord avait été trouvé entre le sidérurgiste et le gouvernement, et qu’il attendait qu’ArcelorMittal respecte cet accord, faute de quoi toutes les options reviendraient sur la table, y compris selon lui celle d’une nationalisation temporaire.
Le ministre du Redressement productif se rendait mercredi 23 janvier à Alizay (Eure) pour officialiser la reprise de la papeterie M-Real par le groupe Double A. Une entreprise thaïlandaise qui va devoir assurer la compétitivité du site.
Justin Bieber ? Le pape ? Brad Pitt ? Non, l’homme qui provoque cette indescriptible cohue est bien Arnaud Montebourg. Le ministre du Redressement productif a pour le moins réussi à attirer l’attention en se rendant sur le site normand de la papeterie de M-Real. “Pour une fois qu’on a des bonnes nouvelles, on est content”, clame dès les premières minutes, et avec le sourire, un Arnaud Montebourg plus habitué aux délocalisations qu’aux reprises de sites industrielles. Et en la matière, cette papeterie qui affleure la Seine semble exemplaire de la lutte contre la désindustrialisation.
Pour quelle raison ? L’usine a bénéficié, selon les propres termes du ministre, d’une “micro nationalisation locale temporaire”. Le conseil général de l’Eure en aura en effet été propriétaire pendant… une heure. Rachetée au groupe finlandais M-Real, qui l’avait mise à l’arrêt depuis avril 2012, la papeterie est passée en un temps record dans les mains du département qui l’a revendue dans la foulée, quelques heures avant la venue du ministre, au groupe thaïlandais Double A.
Montant de la transaction : un peu plus de 22 millions d’euros, dont 18 pour l’usine proprement dite. Le département a également fait l’acquisition, pour près de 4 millions d’euros, d’une surface foncière destinée à être transférée à l’établissement public foncier de Normandie. Avec pour objectif à terme de vendre ces terrains à de nouvelles entreprises et favoriser ainsi la redynamisation du territoire. En un mot, l’ambiance est à la fête malgré le ciel chargé devant ce qui semble être une réussite partagée.
“Un travail de bénédictin”
“Petroplus” ! “Florange” ! Au vu du succès entériné ce jour, les syndicalistes tentent, en hurlant ces mots à l’arrivée d’Arnaud Montebourg, de lui faire comprendre qu’il est attendu comme le messie sur ces deux dossiers brûlants… Dans son discours, le ministre parle de sa volonté que la papeterie d’Alizay “contamine” le reste de l’industrie et incite l’émergence de solutions de reprises viables. Et d’avouer quelques minutes plus tard qu’il s’agit d’un “travail de bénédictin”, un “travail ingrat”.
“Je suis satisfait, affirme Patrick Bauret, secrétaire fédéral filpac-cgt. La production va reprendre son plein régime par étapes.” Si les salariés semblent plutôt de bonne humeur, c’est qu’ils ont le sentiment d’avoir éviter le pire. Alors que l’usine employait près de 330 salariés, Double A prévoit d’embaucher dans un premier temps 150 personnes. L’effectif pourrait ensuite passer à 200, voire 250 salariés avec la montée en puissance de l’usine.
Un soulagement qui s’explique aussi par la durée de l’engagement de certains salariés pour éviter la fermeture pure et simple de la papeterie. “C’est une nouvelle page qui commence, explique Nathalie Verdeil, secrétaire générale CGT-Union départementale Eure. Aujourd’hui, nous goûtons la concrétisation de trois années de lutte”. Et de rappeler que M-Real avait dès 2009 annoncé son intention de vendre l’usine. Année où l’industrie papetière européenne, et française en particulier, commença à subir de plein fouet la chute de la consommation de papier.
Une collaboration inédite
Puis M-Real a affirmé, en 2010, sa volonté de fermer l’usine si aucune proposition de reprise n’émerge. Deux ans plus tard, après diverses actions, luttes et grèves, le site est mis à l’arrêt. Dès lors, pour éviter un échec total, une “équipe de résindustrialisation” est mise en place afin de trouver une solution alternative, regroupant diverses parties prenantes (salariés, syndicats, mairie d’Alizay, département de l’Eure, chambre de commerce et d’industrie…).
Le Ministre du Redressement productif n’aura d’ailleurs eu de cesse durant son déplacement de rendre hommage à cette collaboration inédite, évitant ainsi toute récupération grossière qui n’auraient pas été du goût des salariés. On devine malgré tout en creux dans les discours des salariés présents que les discussions n’ont pas toujours été faciles pour parvenir à un tel résultat…
“Le projet initial de reprise était global et visait à diversifier les produits du site”, rappelle Nathalie Verdeil. Matériaux d’isolation, pellets pour le bois-énergie, biocarburant en lien avec l’usine toute proche d’ici de Petroplus… Au début, salariés et élus voient grand. Mais faute de repreneur capable de porter un tel projet, c’est finalement l’entreprise Double A, présente commercialement dans 120 pays, qui emporte le morceau. Pour elle, c’est un joli coup : elle s’implante industriellement pour la première fois en Europe, zone où les papetiers du Nord de l’Europe règnent en maîtres.
Une centrale biomasse ultra rentable
Mais comment cette entreprise asiatique de 3 000 salariés créée en 2000 compte rendre compétitif ce site quand l’un des géants du papier n’y est pas parvenu ? Tout d’abord, Double A mise sur la production de papier haut de gamme. Un positionnement qui devrait favoriser la différenciation dans un marché en situation de surcapacités. “Nous visons l’ensemble du marché européen mais aussi le Moyen-Orient, explique Yothin Dumnernchanvanit, président de Double A. Cependant, nous savons que cela ne va pas être facile étant donné le contexte économique”.
Deuxième levier pour le groupe : la partie de l’usine qui produisait de la pâte à papier à partir du bois va être définitivement arrêtée. La stratégie du thaïlandais pour se fournir en matière première : importer cette pâte par bateau depuis la Thaïlande pour en assurer la transformation dans l’atelier de l’usine normande. Des tests ont déjà été effectués ces derniers mois pour s’assurer de la faisabilité de ce nouveau business model.
Troisième carte à jouer : une centrale biomasse existante qui, en situation largement surcapacitaire, va permettre au groupe d’alimenter son site en électricité et en vapeur, mais aussi de vendre tout le surplus à EDF. “Cette revente de l’électricité, qui n’était pas possible auparavant en raison d’un verrou administratif, va compenser les fluctuations de la vente de papier“, assure Patrick Bauret. La centrale en question, pour laquelle Neoen (groupe Direct Energie) s’est déclaré intéressé et poursuit les négociations avec Double A, a finalement été également achetée par le thaïlandais. Le groupe voit là un moyen d’améliorer la rentabilité à plus long terme.
Double A lorgne aussi sur les capacités de développement du futur port fluvial qui sera construit près de l’usine, a mi-chemin donc entre Paris et le port du Havre. Après ces festivités, pour ce groupe thaïlandais qui cristallise les espoirs de tout un territoire économique, tout reste encore à faire.
Les Français prêts à payer plus pour soutenir le made in France
Le Point.fr- Publié le
Une étude révèle que 77 % des Français estiment que le critère de fabrication française “est suffisamment important pour justifier de payer plus cher un produit”.
Plus des deux tiers des Français se disent prêts à payer plus cher un produit fabriqué en France afin de soutenir l’industrie de l’Hexagone où les faillites se multiplient, selon un sondage Ifop réalisé pour Atol et publié jeudi. Selon l’étude intitulée “Les Français et le made in France”,77 % des personnes interrogées estiment que le critère de fabrication française “est suffisamment important pour justifier de payer plus cher un produit”.
Le prix ne doit toutefois être supérieur que de 5 à 10 %. Plus précisément, 40 % des sondés se disent prêts à payer 5 % de plus et 29 % de 5 à 10 %. Par ailleurs, 95 % des Français considèrent qu’”acheter un produit made in France est un acte citoyen” et déclarent que leur achat “permet de soutenir l’industrie nationale”.
Un gage de qualité
Alors que le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg,ne cesse de défendre une troisième révolution industrielle française via le “made in France”, allant jusqu’à se faire photographier avec une marinière bretonne, 91 % des sondés déclarent que l’État “doit nécessairement intervenir face aux entreprises qui délocalisent”. Pour 71 %, l’intervention du gouvernement doit prendre la forme d’une “incitation en faveur de la relocalisation“.
Outre ces considérations économiques face à une France où le chômage ne cesse de progresser sous l’effet de la crise, les personnes sondées se montrent sensibles aux arguments de qualité mais aussi sociaux et environnementaux. Pour 93 % des personnes interrogées, un produit français offre une garantie de qualité plus importante. Il permet également de “s’assurer qu’il est fabriqué selon des normes sociales respectueuses des salariés“, selon 92 % d’entre eux.
Enfin, 87 % “voient dans cette consommation locale le moyen de favoriser le respect de l’environnement“.
Sondage réalisé en ligne auprès d’un échantillon de 1 000 personnes représentatives de la population française de 18 ans et plus, entre le 7 et le 9 janvier.
Arnaud Montebourg à l’usine M’Real d’Alizay (Eure) : “c’est une micro nationalisation locale temporaire”
Ce mercredi 23 janvier, le département a été propriétaire de l’usine de papeterie pendant 60 minutes avant de la céder au groupe thaïlandais Double A.en présence d’Arnaud Montebourg ministre du redressement productif
par Carole Bélingard et Richard Plumet
Publié le 23/01/2013 | 09:00, mis à jour le 24/01/2013 | 00:01
C’est l’épilogue de trois ans de combat politique, social et économique qui a été signé à Alizay ce mercredi 23 janvier par Arnaud Montebourg. VIDEO : le reportage France 3 Haute-Normandie de Renaud Parquet et Eric Lombaert
Pourquoi le département de l’Eure rachète M’Real ?
Cette opération est une issue aux transactions impossibles entre le repreneur Thaïlandais et l’actuel propriétaire finlandais de M’Real. Le département de l’Eure a donc joué l’intermédiaire. Cette décision a été entérinée lundi 21 janvier lors d’une séance du conseil général. Le département rachète donc ce mercredi le site avant de le céder aussitôt au repreneur thaïlandais Double A. 200 emplois devraient être créés. Les procédures d’embauche devraient démarrer jeudi.
Voir le reportage ci-dessous de Renaud Parquet et Eric Lombaert
Les métallos de Florange plaident leur cause à l’Elysée, ArcelorMittal maintient le cap
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Depuis l’accord du 30 novembre, qui a scellé la fermeture définitive des hauts fourneaux et la suppression de 629 postes sans licenciement, les salariés de Florange ne décolèrent pas. Ils réclament toujours une nationalisation temporaire du site, espérant encore une reprise.
Des salariés ArcelorMittal de Florange ont défendu mercredi à Paris la nationalisation du site sidérurgique, plaidant leur cause à l’Elysée et au PS, alors que la direction du géant de l’acier maintient son cap en confirmant en comité central d’entreprise la fermeture des hauts fourneaux.
Les métallos ont voulu marqué les esprits: certains se sont enchaînés au petit jour aux barreaux d’une fenêtre de Matignon, avant d’être délogés, puis de se rendre au siège du PS où Harlem Désir les a reçus. Ensuite, rejoints par plusieurs dizaines de salariés de Florange, ils se sont rassemblés aux abords de l’Elysée pour que le gouvernement revienne au “plan d’Arnaud Montebourg”, “crédible et générateur d’emplois”.
Une délégation intersyndicale (CFDT-CGT-FO) du site mosellan a été reçue par le conseiller social de François Hollande, Michel Yahiel, à qui elle a remis une pétition en faveur de la nationalisation du site. Elle a aussi exigé une tripartite Etat/syndicats/direction) “pour rouvrir le dossier de la nationalisation” et soutenir les emplois (notamment les centaines de sous-traitants).
A la sortie, déception et colère étaient manifestes.
Lionel Burriello (CGT) a estimé que M. Yahiel “bottait en touche”. Si l’Elysée et Matignon “se portent garants” de l’accord du 30 novembre entre ArcelorMittal et le gouvernement, “ils se portent garants de la fin de l’acier en Lorraine”, a-t-il dit.
“Le conseiller social a pris acte de la pétition, avec plus de 31.000 signatures”, a commenté de son côté Edouard Martin (CFDT). “Ils ferment Florange et maintenant ils nous gazent. En 2017, ils iront chercher des voix au Medef!”, a-t-il lancé aux forces de l’ordre qui venaient d’utiliser des gaz lacrymogènes contre les manifestants.
“L’intérêt des salariés, nous le défendons sans faille”, a assuré la porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem, à l’issue du conseil des ministres.
ArcelorMittal déroule son plan
Les salariés estiment que l’accord n’est pas respecté puisque le 6 décembre le groupe s’est retiré à Bruxelles de l’appel d’offres pour obtenir des financements communautaires afin de développer Ulcos, un projet de captage et de stockage de CO2.
De son côté, ArcelorMittal lors d’un CCE extraordinaire, a confirmé les 180 millions d’investissements pour Florange prévus dans l’accord avec le gouvernement, de même que la mise en veille des deux hauts fourneaux pendant six ans, selon les syndicalistes, ce qui scelle définitivement selon eux la fin de la production d’acier en Lorraine.
La direction a également confirmé son projet de mise en veille de certaines activités sur le site de Basse-Indre (Atlantique-Atlantique) lors de la présentation formelle de son plan stratégique pour la société Atlantique et Lorraine (qui comprend Florange et Basse-Indre).
La direction compte mener ces réorganisations sans licencier, puisque 610 départs en retraite sont prévus en trois ans à Florange, et environ 1.500 au niveau d’Amal, ont rapporté la direction.
“La direction évoque un plan de compétitivité pour l’emballage pour Amal, avec une réorganisation entre les sites, et une réorganisation des fonctions supports, mais elle ne donne pas de détails sur l’impact en terme d’emploi”, a rapporté Philippe Verbeke (CGT).
A l’Assemblée nationale, une commission d’enquête sur la “sauvegarde” et le “développement” de la sidérurgie française et européenne a été créée, à l’inititiative des députés du Front de gauche, qui devait tenir un meeting mercredi soir à Metz.
Petit rappel : si vous ou vos amis n’avez pas encore soutenu nos salariés de Florange. Merci de voter pour leur pétition afin de récolter ASAP ces 15% complémentaires.
Promesse Le gouvernement a donné son accord à une proposition de loi sur la fermeture des sites rentables OK à la loi dite « Florange »
A Florange, François Hollande avait promis une loi. Elle arrive. Photo Alexandre MARCHI
LE GOUVERNEMENT a donné son feu vert à une proposition de loi PS sur les sites rentables promis à la fermeture, a indiqué Alain Vidalies, le ministre chargé des Relations au Parlement, en sortant de la réunion de groupe des députés PS.
« Le gouvernement a donné son accord à la proposition de loi dite ‘’Florange’’», a expliqué M. Vidalies. La réunion de groupe des députés PS s’est déroulée mardi en présence du Premier ministre Jean-Marc Ayrault et du ministre de l’Emploi, Michel Sapin, et a notamment porté sur l’accord syndicats-patronat concernant l’emploi conclu vendredi dernier.
Fin septembre, le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, avait affirmé que cette loi, une promesse de campagne de François Hollande qui obligerait un industriel à céder une usine rentable promise à la fermeture, serait votée rapidement, évoquant une échéance de 3 mois. Peu après, le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, indiquait qu’une proposition de loi sur ce sujet allait être déposée la semaine suivante.
Mais ces déclarations avaient mis en fureur l’ex-leader de la CFDT François Chérèque. Il avait menacé de quitter la table des négociations si une loi sur le rachat de sites viables était débattue avant le terme des discussions syndicats/patronat. Au final, la question n’a été qu’effleurée dans les discussions syndicats-patronat. Elle reste une revendication chère aux syndicats.
Amendement de l’accord sur l’emploi ?
Mardi, le président des députés PS Bruno Le Roux avait évoqué cette question des sites rentables comme un possible amendement à la future loi transposant l’accord sur l’emploi qui viendra au printemps.
Le candidat François Hollande avait lancé l’idée à la faveur des cas emblématiques du site sidérurgique d’ArcelorMittal à Florange (Moselle) et de la raffinerie de Petroplus en Seine-Maritime.
En sortant de la réunion, le ministre de l’Emploi Michel Sapin s’est dit satisfait. Trois députés de l’aile gauche, comme Barbara Romagnan, Pascal Cherki et Jérôme Guedj se sont exprimés, a-t-il expliqué. « Pascal Cherki a dit qu’il regarderait l’accord (sur l’emploi) point par point », a expliqué M. Sapin selon lequel « les questions ont porté sur les marges de manœuvre » que les députés allaient avoir pour amender.
Avant la fin de la réunion du groupe PS à l’Assemblée nationale Harlem Désir, le premier secrétaire du PS a évoqué mardi pour la « traduction législative » de l’accord sur l’emploi des points pouvant faire l’objet d’« enrichissements », comme celui des « reprises de sites rentables ».
Et le numéro un du PS de mentionner « un sujet sur lequel Guillaume Bachelay (député de Seine-Maritime, numéro 2 du PS, ndlr) a été chargé », avec les secrétaires nationaux du PS concernés, « de préparer, en lien avec nos groupes parlementaires » : « enrichir cet accord, sur ce qui concerne les reprises de sites viables, ou de sites rentables ».
«Nous proposerons (…) que des possibilités plus importantes et nouvelles soient données aux salariés, en particulier, de saisir le tribunal de commerce» lorsqu’un site est viable, a-t-il déclaré. « Nous n’acceptons pas la politique des déserts industriels qui consiste à empêcher qu’un site qui a une viabilité puisse trouver un repreneur. Nous voulons que les salariés aient une capacité très directe, de ce point de vue, d’intervenir dans les conditions de reprise de ce site. Il y aura également sur ce point, une proposition pour une reprise en société coopérative », a dit l’eurodéputé.
ArcelorMittal Florange : Les syndicats maintiennent la pression
La commission de suivi de l’accord entre le gouvernement et ArcelorMittal prévue vendredi a finalement été annulée. Le blocage se poursuit à la gare d’Ebange mardi 15 janvier 2013.
Par Thierry Gelhaye
Publié le 15/01/2013 | 16:00, mis à jour le 15/01/2013 | 18:58
A l’issue du Comité d’entreprise qui s’est tenu lundi 14 janvier 2013 au soir, la direction s’est dite très inquiète sur les conséquences du blocage des installations de Florange par les syndicats depuis une semaine avec une augmentation des coûts fixes, un surcoût logistique d’environ 200.000 euros et 55.000 tonnes d’acier perdues. “De victimes, on passe à coupables”, a dit Jean Mangin (CGT), “en colère”.
Comment voulez-vous inciter les consommateurs à favoriser les articles “français” si les fabricants eux-mêmes sont incapables de vanter haut et fort les talents de leurs salariés hautement qualifiés ; la qualité des produits manufacturés. Moralité : soyons fiers de produire “français”, pour mieux acheter “français”, et vendre “français” jusqu’à l’étranger ! Bravo John Persenda, le groupe Sphere et OptimHome : Á bas la timidité !
Elisabeth Jenssen
La marinière d’Arnaud Montebourg inspire les publicitaires !
(Boursier.com) — Le ministre du Redressement productif et son “made in France”, inspire les communicants..! Deux entreprises ont diffusé ce lundi leurs publicités dans la presse, multipliant les références à la ‘Une’ du “Parisien magazine” d’octobre dernier, où Arnaud Montebourg posait en marinière, robot Moulinex à la main.
“Le made in France, il y croit, il le fait”
John Persenda, président du groupe Sphere, spécialisé dans la fabrication et la commercialisation d’emballages (sacs plastiques, congélation, films plastique), pose ainsi en marinière avec ses produits à la main, sous le slogan : “le made in France, il y croit, il le fait” ! Le groupe en profite pour rappeler qu’il a obtenu le fameux label “Origine FranceGarantie” pour sa marque d’emballages Alfapac, et qu’il est un industriel “qui préserve des emplois en France”. Dans un communiqué, il indique même avoir relocaliser en France trois usines achetées en République Tchèque, en Italie, et plus surprenant encore… en Allemagne. Un choix guidé notamment par “la productivité de nos chercheurs, de nos hommes et femmes (…) de loin la meilleure en comparaison de nos autres unités européennes”.
“Arnaud, quelle est l’entreprise qui va bien dans un secteur qui va mal ?”
Sur une pleine page, le réseau immobilier à domicile ‘OptimHome’ frappe un grand coup, en titrant “Arnaud, quelle est l’entreprise qui va bien dans un secteur qui va mal ?” Un en-tête accompagné d’une silhouette portant une marinière, laissant penser qu’il s’agit d’Arnaud Montebourg… L’entreprise se targue d’avoir enregistré une hausse de 15% de ses ventes, “dans un secteur prétendument sinistré”, et ce grâce à sa capacité d’innovation. “Nous sommes devenus (…) un véritable créateur d’entrepreneurs. Oui, Arnaud, nous sommes leaders dans notre métier, nous avons créé de l’emploi et nous ferons encore mieux en 2013″, conclut l’entreprise…
Le ministre du Redressement productif a la cote. Dans les sondages comme sur le terrain.
Paru dans le JDD Arnaud Montebourg, en star du gouvernement. (Maxppp)
Sa notoriété n’est pas que sondagière. À suivre Arnaud Montebourg dans les allées de la cité, samedi à Val-de-Reuil, on se disait que la star du gouvernement, c’était bien lui. Un vieil homme se penche vers le ministre du Redressement productif, qui reste un peu en retrait du cortège présidentiel et lui glisse : “Vous aviez raison sur la nationalisation, malheureusement, le Président ne vous a pas suivi.”“Allez lui dire”, répond Montebourg, tout sourire, montrant de son long bras le premier rang où déambule François Hollande.
Une jeune femme s’approche, le félicitant pour son combat pour le “produire français”. Le ministre est aux anges : “Faites-vous offrir une marinière. Même Obama en met maintenant.”
Puis levant les deux bras au ciel en faisant le V de la victoire, Montebourg lance “Vive le made in France” devant un public ravi. Il est de sortie, venu rencontrer l’intersyndicale de Petroplus avec le chef de l’État. Il aimerait tant sauver cette entreprise. “On a besoin de cette raffinerie. Si elle ferme, on perd 30% de notre capacité de raffinage.” Plus tard, à Louviers, dans l’exposition “Pierre Mendès France”, Montebourg se balade, tout seul et prend des photos. Pour garder des souvenirs de cette si belle matinée de début d’année.